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T comme… tri des déchets du bâtiment

Peut-on encore vouloir ignorer les enjeux environnementaux lorsque nos activités du bâtiment génèrent en France 46 millions de tonnes de déchets par an ? Chez Globalis, nous avons souhaité éclairer notre démarche de tri des déchets de chantier par une visite pas comme les autres. Notre partenaire Excoffier Recyclage nous a ouvert les portes de « La Bise », son usine de traitement des Déchets Industriels Banals (DIB) à Villy-le-Pelloux (74), là où la poussière côtoie la haute technologie.

Pour nous représenter les 46 millions de tonnes de déchets annuels du bâtiment, nous interrogeons la Tour Eiffel : 4 554 Tours Eiffel, c’est ce que représente ces 46 millions de tonnes ! Ou encore près de 27 millions de Renault Trafic… garés les uns derrière les autres, on couvre presque la distance de la Terre au soleil. De la Responsabilité Sociale des Entreprises à « C’est pas sorcier », il n’y a qu’un pas !

Vers 100 % de déchets valorisés ?

Chez Excoffier, notre chargé de clientèle Yann RAPHOZ nous accueille au côté d’Emmanuel HAMARD, alias Manix, responsable de production (assistant d’exploitation DIB). C’est lui qui mène la visite de la dalle aux passerelles, de trémies en hublots, de tapis en salle de tri manuel. Les deux sont passionnés, engagés dans un domaine professionnel où l’innovation et les changements sont en constante évolution. Mais Manix tempère, non sans ironie :

« Chez nous, on est déjà à 90 % de DIB valorisés. C’est-à-dire qu’on arrive à 10 % de déchets enfouis. Pour arriver à 0 % d’ici quelques années, ce sera moins révolutionnaire… que chez d’autres concurrents ».

La pique est lancée. Manix est aussi bon commercial que technicien. Il précise, en tant que « responsable de production » :

« Nous ne produisons pas des déchets ! ça c’est vous… Nous produisons de la matière valorisée à partir de matière valorisable : les déchets industriels banals, plusieurs semi-remorques par jour. 40 000 tonnes de DIB par an entrent ici. Ça correspond à environ 35 tonnes de déchets traités par heure ».

La matière recyclée ? Prenons ces deux exemples intéressants sur le site de Villy : les déchets de laine de verre utilisée pour l’isolation et les chutes de plaques de plâtre sont revendus aux fabricants pour être intégrés dans la fabrication de leur gamme de produits grande distribution. Une matière valorisée ? C’est une matière souvent plus hétérogène qui sera réintroduite dans d’autres domaines : les matières premières secondaires et les matières incinérables pour de la production d’énergie ou la destruction.

Globalis Tri Des Déchets

L’équipe de Globalis accompagnée par son chargé de clientèle visite l’usine « La Bise » d’Excoffier Recyclage à Villy-le-Pelloux (74). L’esprit de la visite : avoir une vision large de notre démarche de tri en interne.

De déchet banal à matière à valeur marchande

Le contraste est étonnant entre l’apparente simplicité du processus et la réalité : le tri semble consister à séparer le lourd du léger, le gros du petit, à l’aide de cribles et de séparateurs aérauliques après le passage obligé par le broyeur de début de ligne. C’est sans compter les deux robots à tri optique et la salle de tri manuel où une dizaine de personnes s’activent autour du tapis. Bois traités, bois non traités, métaux ferreux, métaux non ferreux, cuivre, métaux en mélange, circuits imprimés et processeurs (métaux rares et métaux lourds), piles, condensateurs, gravats, plastiques, éco-mobilier, etc. Tout y passe. On nous l’affirme : 6 à 10 % de matières sont enfouies à la sortie, le reste est revendu sauf le gravier produit qui sert pour l’heure au remblai et au terrassement de la future usine Excoffier. Et rappelons-le, il ne s’agit là que des bennes DIB, non des bennes dédiées qui les côtoient en déchetterie : cartons, bois, métal, gravats, etc. A l’issue de la visite, Manix nous raconte sans affectation :

« Un jour, on a trouvé un obus non percuté dans les DIB. Il était passé au travers du broyeur ! Il se trouve que j’ai été militaire, spécialisé dans le déminage… Une autre fois, j’ai mis le pied dans un lot de seringues souillées, résultat : arrêt de travail, mis en quarantaine, examens réguliers. Les gens jettent parfois n’importe quoi n’importe comment. »

Rien de tel qu’un bain de déchets pour comprendre…

Nous ne sommes pas journaliste, nous croyons Manix ! Si ces lignes ressemblent à une publi-information pour notre partenaire, c’est bien parce que la visite d’un site industriel a toujours un caractère instructif et excitant. La curiosité est rassasiée par la satisfaction de comprendre, la fascination des machines et l’admiration des hommes et des femmes qui produisent un résultat sous nos yeux. C’est un point de départ. Mais soyons honnêtes, le bruit, la vision de ces tonnes de déchets et la poussière en permanence en circulation dans l’air (la chaîne est équipée d’un système d’aspiration des poussières bien sûr), les odeurs ont quelque chose d’effrayant qui forcent le respect des 16 personnes qui s’activent sur la chaîne. Au-delà de cette dimension humaine, n’oublions pas qu’avant de trier nos déchets, nous les produisons… Nous avons là une image crue de notre fonctionnement, plus gratifiante cependant que celle d’un dépôt sauvage dissimulé au détour d’un chemin arboré.

… et agir !

Certes, la valorisation des déchets est une activité économique et industrielle et pourrait être, paradoxalement, déconnectée de tout « sentiment écologique ». Cependant, il y a l’esprit, une certaine volonté de faire, un sens des responsabilités accru. Nous, acteurs du bâtiment, avons une partie sérieuse à jouer. Un jour peut-être, notre manière de gérer les déchets fera la différence aux yeux de nos clients autrement que sur le papier et par de seules déclarations d’intention. Cela demande du temps, et pour une entreprise, le temps, c’est de l’argent. La problématique est-elle uniquement marchande ? N’est-ce pas aussi un enjeu social ? Chacun doit donc payer le prix de notre mode de consommation : les entreprises et les clients dans un accord marchand, et l’Etat à travers une politique publique.

Globalis Recyclage Des Déchets

Globalis use d’un moyen pourtant simple de rendre le tri plus efficace et plus vertueux : des bacs ! S’il n’y a pas de petites économies, il n’y a pas de petit tri. Petites pièces métalliques, déchets incinérables, cartons, petits gravats. Les grandes quantités sont gérées quant à elles avec les bennes DIB et/ou gravats, ou en apport direct dans un centre de tri (châssis aluminium par exemple) par les artisans sous-traitant ou par Globalis.

 

Pour aller plus loin

Des gravats transformés en matière première, reportage, Arte, 2019 :

Les déchets de chantier, site dédié de la Fédération Française du Bâtiment (FFB)

Les déchets du bâtiment – Politique publique

Valorisation et recyclage – Economie circulaire

Excoffier recyclage

 

Crédit photos : Globalis